dimanche 29 juillet 2012

« Peut-on changer de vie ? »




Parfois (souvent ?), on se sent tristes, déprimés.


L'impression d'étouffer, que notre vie est définitivement tracée, que plus rien ne peut nous arriver.


Tout se répète et on tombe malades de cette répétition. C'est la leçon de la psychanalyse.

En plus, tout semble s’appauvrir. Il paraît que le dernier livre que Sigmund Freud a lu, quelques jours avant sa mort, a été : « La peau de chagrin » de Balzac. Freud a été très impressionné par cette lecture et il y a vu, à ce moment, une terrible métaphore : la vie comme rétrécissement progressif.

Chaque année, petit à petit, le champ du possible se contracte. Alors que je pouvais encore rêver, lorsque j’étais adolescente, d’un avenir radieux et multiple, je sais bien aujourd’hui que mon destin n’aura rien d’exceptionnel et sera largement monocorde.

Ce n’est pas gai ! Mais on sait bien aussi que ce n’est pas complètement vrai. On sait bien que, malgré tout, la vie ça n’a rien de statique, c’est plutôt un débordement continu. C’est ce qu’évoquait Nietzsche quand il employait ce terme fâcheux : la volonté de puissance. Il en appelait à la vie comme œuvre d’art, comme dépassement créatif des formes établies.

D’ailleurs, on est tous fascinés par ceux qui ont effectué le grand saut. On sait par exemple que, dans un pays comme la France, chaque année, environ 15 000 personnes disparaissent purement et simplement. C’est énorme ! En extrapolation, ça donne à peu près 500 000 personnes qui vivraient en rupture complète avec leur passé. Il s’agit bien sûr, parfois, de disparitions accidentelles mais le plus souvent, ce sont des gens qui ont choisi de disparaître complètement pour refaire leur vie.

Ces personnes (courageuses, folles, inconscientes ( ?)) nous font tous rêver. On a tous eu envie, un jour, de faire ça : tout plaquer, ne pas rentrer à la maison, ne pas revenir d’une petite sortie pour des courses, abandonner son portable, sa carte bancaire, sa carte de sécurité sociale.

Basculer dans l’inconnu, quoi !,  pour découvrir d’autres règles du jeu, pour se réinventer dans une auto-affirmation absolue. Abandonner ces vieilles dépouilles qui nous font horreur, dans les quelles on ne se reconnaît plus.

Et il paraît qu’en effet, quand on s’abandonne à ça, quand on cède à ce grand appel, on vit tout à coup dans une espèce de sidération et d’exaltation. C’est comparable au coup de foudre amoureux : il n’existe plus rien que ce mouvement d’aspiration qui m’entraîne vers le grand autre.

C’est bouleversant, follement attirant. Mais est-ce qu’on peut vraiment basculer complètement ? Changer radicalement ? Gris fonctionnaire, devenir artiste ? Débauché, devenir ascète ? Petite bourgeoise, devenir hétaïre ? Cul de plomb, devenir baroudeur ?
Et puis jusqu’où peut-on aller dans le changement ? On sait bien malgré tout qu’on ne parviendra jamais à contourner les frontières de la mort et de la différence des sexes. Est-ce qu’on peut devenir homme ou femme, indifféremment ? Lesbienne alors qu’on était hétérosexuelle ? Ressembler à une jeune femme alors qu’on approche de la cinquantaine ?

Toutes ces considérations prosaïques et bien tranchées nous fournissent en général suffisamment d’arguments pour décider de ne rien faire et rester comme on était.
C’est d’autant plus facile que la nouvelle morale contemporaine prescrit l’intégrité, la fidélité à soi-même. Ceux qui veulent changer, on les condamne sévèrement. Il n’est qu’à considérer par exemple les propos odieux qui ont été tenus récemment sur les femmes qui se sont fait refaire les seins : de pauvres débiles, complètement aliénées. On s’assume, comme on dit.

Et puis faire de sa vie une œuvre d’art à la Nietzsche, ça fait vraiment rigoler sauf les adolescents attardés. Alors les mouvements de grandeur et décadence, on en a peur.
Mais en fait, ce qui nous bloque dans nos désirs de changement, c’est qu’on en a le plus souvent une vision trop radicale, un retournement complet. C’est sans doute parce qu’on croit que notre individualité est taillée d’un bloc, sans puits ni aspérités. Ca, c’est la vision moderne des choses, à la Michel Onfray, toute entière transparente.

Mais on sait bien, au fond de nous, qu’on est multiples. Notre identité, comme le disait Pierre Klossowski, c’est un agrégat provisoire d’impulsions qui se combattent avec des prises de pouvoir et assujettissements. C’est comme ça que grouillent en nous plein de désirs minoritaires, de pulsions inavouées qui ne cherchent qu’à émerger. Il y a un peu d’homme, de femme, de saint, de fou, de criminel, d’animal en chacun de nous.

C’est à nous de faire vivre ces impulsions, à nous donc de saisir parfois notre chance, de nous offrir, de temps en temps, d’autres scénarios pour endosser de nouvelles peaux. Il ne s’agit pas de devenir, tout à coup, quelqu’un de complètement autre (vagabond, délinquant, prostituée, transsexuel) mais d’expérimenter ces petits bouts de désir qui nous traversent et qui nous constituent et aux quels nous renonçons trop souvent, par souci de bienséance.

Ca peut être décider de coucher tout de suite avec cet inconnu même pas beau dont on vient de croiser le regard, se laisser caresser dans le métro ou dans un cinéma, devenir lesbienne ou prostituée l’espace d’une nuit, s’offrir une pipe d’opium, se promener ultra-sexy, la nuit, dans son quartier, rouler à 200 à l’heure au volant de sa BM.

C'est s'offrir régulièrement des appels d'air et chacun a évidemment sa vision des choses. Pour moi, mes métamorphoses, mes changements, c’est avant tout m’ouvrir au hasard des rencontres, séduire des hommes, des femmes, avoir de nouvelles expériences érotiques, faire de grands voyages aventureux, apprendre de nouvelles langues. Mais ce n‘est bien sûr qu’un point de vue de vampire.


Ce qui est important, c'est que chaque changement soit une expérimentation et non pas une forme fixe, définitive, qu'on substituerait à une autre. C'est qu'il soit un jeu, une découverte, un devenir sans terme.

Tableaux des peintres Alex Colville (Canada) et Eric Fortune (USA).
Photographies de Geoffroy Demarquet et d’Alex Prager
Sur cette question du changement, je renvoie par ailleurs à deux œuvres japonaises :
-       « Seins et œufs »de Mieko KAWAKAMI. A quarante ans, Makiko est envahie par l’obsession de se faire refaire les seins, une lubie que sa fille de douze ans ne supporte absolument pas.
-       « Guilty of romance » de SONO SION qui vient de sortir sur les écrans cette semaine. Un film magnifique et dérangeant : l’érotisme comme révélation.

dimanche 22 juillet 2012

Romans noirs




Pourquoi choisit-on de devenir, un jour, une vampire ?

Evidemment parce qu’on aime être ravageuse et séductrice, même si c’est sous des formes sophistiquées. Parce qu’on a toujours été hantée aussi de rêves et obsessions inavouables. On veut tout connaître, le bon comme le mauvais côté des choses.


Ca relève également de toute une éducation, la formation d’un imaginaire : les pays dans lesquels on a vécu et les livres qu’on a lus. Pour moi, ça a été l’Europe Centrale et puis le roman noir, le roman gothique.



Mon premier souvenir marquant en littérature, vers l’âge de 13 ans je crois, ça a été « Wuthering Heights » d’Emily Brontë. J’y ai découvert la passion absolue et l’esprit de vengeance.


Un peu plus tard, à 16 ans, j’ai voulu à tout prix lire le Marquis de Sade. Comme tout le monde, ça m’a d’abord émoustillée puis ennuyée. Jusqu’à ce que je découvre Juliette et Justine, les deux sœurs opposées, la libertine et la vertueuse. Et là, j’ai été fascinée et je me suis sentie profondément l’une et l’autre.


Après, dans mes 20 ans, j’ai été bouleversée successivement par « Le Moine » de Matthew G.Lewis (dans la version d’Antonin Artaud), « Melmoth » de Charles Robert Maturin et « Les élixirs du diable » de E.T. Hoffmann. Trois très grands livres, assez proches, qui montrent bien la dimension tragique de la condition humaine dans son irrésistible fascination pour le mal.


C’est plus tard, et finalement assez récemment, que j’ai découvert : « Carmilla » de Sheridan le Fanu, « Dracula » de Bram Stoker, « Le Golem » de Gustav Meyrink et « Les mystères du Château d’Udolphe » d’Ann Radcliffe. 


J’y ai découvert la vie comme trouble et tremblement.

Tous ces auteurs étaient un peu tombés dans l’oubli et étaient injustement dépréciés.

Mais moi, tout ça j’ai adoré et ça m’a aidé à embrasser mon destin de vampire.


Tableaux de Fernand KHNOPFF

Si vous vous intéressez au roman noir et au roman gothique, il faut évidemment lire le très beau livre d’Annie Le Brun : « Les châteaux de la subversion ».

dimanche 15 juillet 2012

Le pays des chiffres




Ca ne transparaît peut-être pas dans mon blog, mais une grande partie de ma vie, ce sont les chiffres.


C’est d’abord le contenu principal de mon travail : j’en brasse des pelletées tous les jours. Et puis je suis une usine à chiffres : j’en ai plein dans la tête et je m’amuse sans cesse à les combiner, les mettre en relation, pour prendre des décisions. Ca permet de découvrir de drôles de choses, de nouvelles perspectives.



Ca façonne évidemment votre personnalité. Voir le monde à travers des chiffres, ça vous met quand même à l’abri des débordements affectifs et sentimentaux. Ca vous rend détachée, abstraite. Bref, ça vous rend forte.


Souvent, on s’apitoie sur mon sort parce qu’on pense que mon boulot doit être follement ennuyeux et très peu créatif. Mais en fait, j’y suis très à l’aise parce que j’entretiens un rapport vivant avec les chiffres. C’est comme une langue supplémentaire qui me parle immédiatement ; lire de gros documents financiers, c’est comme lire un journal. En plus, on a le plaisir de détecter des relations singulières et d’élaborer de nouvelles combinatoires.



Je ne raconte pas ça pour me vanter et je ne crois du reste pas avoir de talent particulier. Je ne suis même pas si forte que ça en maths. Simplement, ça m’étonne toujours un peu de constater que bien peu de gens partagent ma passion des chiffres. C’est une langue qui semble morte, faite d’objets inanimés.



Je trouve ça dommage. C’est un peu, pour moi, comme si on était privé d’une clé de compréhension du monde. Mais je crois vraiment qu’il ne s’agit pas d’un problème de dispositions individuelles. On s’est plutôt laissé dépouiller de nos capacités de logique et d’analyse en transférant tout à des prothèses technologiques. On a préféré le monde de l’immédiateté et de l’émotion à celui de l’abstraction et de la critique.



Sur ce point, je suis persuadée que l’électronique et l’informatique ont détruit tout accès concret et vivant avec les chiffres. On ne sait plus compter et on ne sait plus jongler avec les chiffres.


Personnellement, les technologies, je suis très distancée avec ça. C’est à peine si j’ai une calculatrice et je préfère généralement calculer moi-même, sommairement, de tête. De même, j’utilise très peu les outils de simulation logicielle. C’est facile de cracher 50 ratios, ça vous donne bonne conscience, l’illusion que vous avez bien travaillé, mais généralement ça vous égare sur des chemins secondaires.



Je lisais récemment que certains grands pilotes d’avions continuaient d’utiliser des instruments très frustes tels qu’une règle à calcul. Ca peut sembler absurde dans leur environnement informatique ultra sophistiqué. Je comprends cependant tout à fait ça. Souvent, des outils simples fournissent en effet une évaluation très rapide et une compréhension plus concrète, plus visuelle, des problèmes. L'informatique, ça rend bête et ça fait perdre du temps.


On s’est maintenant habitués à tout déléguer aux technologies et à se reposer sur elles. Mais on ne se rend pas compte qu’elles nous exproprient du cœur vivant de notre intelligence et qu’elles nous font rentrer dans le monde des décisions absurdes.





Tableaux du Futurisme/Constructivisme russe avec Casimir Malévitch, Jean Pougny et Rodtchenko



Je l’ai déjà évoqué dans mon blog : même si vous êtes fâchés avec les maths, il faut lire « Alex au pays des chiffres » d’Alex Bellos. L’histoire des mathématiques comme un conte merveilleux.

dimanche 8 juillet 2012

« Qui ne sait celer, ne sait aimer »




Vous avez pu noter que j’avais changé de photo d’identité.

Plusieurs fans m’ont aussitôt écrit pour me demander si c’était ma vraie photo.

Hélas non ! Quand on travaille et qu’on exerce des responsabilités, on ne va évidemment pas divulguer son identité.


C’est une photo de Barbara Kwiatkowska-Lass, grande star à l’Est dans les années 60. Elle a été la première femme de Roman Polanski. Ce qui est d’une cruelle ironie, c’est qu’elle était beaucoup plus célèbre que Polanski à l’époque et qu’elle l’a plaqué, sans états d’âme,  pour suivre l’acteur allemand, Karlheinz Böhm, fils du chef d’orchestre.



Enfin…sur cette photo, on m’a dit que je lui ressemblais beaucoup, dans l’expression, dans le regard. Bien sûr, je ne suis plus une écolière mais j’ai toujours eu le côté construit, détaché et insupportable de la bonne élève. Etre au dessus de la mêlée, c’est comme ça qu’on affirme son pouvoir.


Et surtout l’écart, la distorsion entre le côté convenable, éduqué et la liberté de pensée et de vie. La duplicité, la dissonance, c’est très fort chez moi. On n’est jamais d’un seul tenant, toujours en conflit intérieur, parcourus d’impulsions contradictoires. C’est la beauté du mal, son chatoiement et sa séduction et c’est ce qui fait que je suis une vampire.



Photos de Barbara Lass et de sa tombe.  Barbara Lass est décédée en 1995, à 55 ans, en Allemagne, des suites d’un AVC. Sa tombe à Cracovie, réalisée par un grand sculpteur (Marian Konieczny).rassemble des milliers d’admirateurs.

Puisqu’on est dans le cinéma, je vous recommande « Faust » de Sokourov (même si ce film m’a personnellement donné la nausée) et surtout « Holy Motors » de Carax que le festival de Cannes a ridiculement négligé.

Plus léger : « Inside » d’Andres Baiz qui parle de l’essentielle cruauté féminine et « Adieu Berthe » de Bruno Podalydès.

dimanche 1 juillet 2012

Humiliation





De l’humiliation, on ne parle presque jamais.


Un silence complet…dans les conversations ou dans les livres.




C’est le non-dit absolu parce que ça a partie liée avec la honte.




Pourtant, bien plus que des événements heureux, ce dont on se souvient le plus précisément et  avec le plus d’intensité dans notre vie, ce sont des expériences d’humiliation.




Quand on est enfant, on a fait pipi dans sa culotte, la maîtresse nous a flanqué une grande claque devant tout le monde, on nous a coupé les cheveux très court, on nous a mis une robe de pauvresse.




Adolescente, il y a l’humiliation des règles et puis on n’a pas de seins et on se fait piquer ses mecs par ses copines. On est nulle au lit mais on se laisse sauter par à peu près n’importe qui et on fait à peu près n’importe quoi après avoir un peu bu. Le matin, c’est glauque.




Adulte, au boulot, on se fait humilier par ses supérieurs, on accepte des tâches débiles, on s’habille conforme. On nous dit qu’on est nulle pour baiser : on ne raffole pas de la sodomie et des fellations. Si on se fait mettre en cloque, il y a l’humiliation du gros ventre et de la liberté perdue. Et puis, il y a l’humiliation quotidienne de la fille moche mais aussi de la fille belle, harcelée 50 fois par jour.




Ensuite, l’humiliation, elle se poursuit dans la vieillesse avec la dégradation généralisée de notre corps et elle s’achève dans la mort,…. ultime expérience d’humiliation.




Tout ça, c’est l’humiliation subie, celle dont on accepte, à l’extrême rigueur, de parler à quelques proches.


On subit, on est mortifiés, on est victimes.




Mais ce dont on ne parle absolument pas, ce que l’on n’aura jamais l’honnêteté de reconnaître, c’est que l’on participe nous-mêmes au mécanisme de l’humiliation et qu’on y prend grand plaisir. 




L’humiliation est partout dans la société humaine; elle est la plus forte expression de la pulsion de mort mais il est clair qu’il n’y a pas d’un côté quelques monstrueux persécuteurs et de l’autre une masse immense d’innocentes victimes. 


Persécuter, participer à la persécution, on adore tous ça, on s’en délecte, mais on ne veut pas l’avouer.






Ce n’est pas seulement notre participation au monde des media saturé d’images de vexations et d’abaissement. Bien sûr qu’on s’est tous réjouis de l’humiliation infligée à Hollande par Trierweiller et de l’écrabouillement de Ségolène. Ou bien DSK, il nous a bien distraits mais on voudrait maintenant que sa bonne femme le jette dehors sans ménagement pour qu’il soit encore plus ridicule. Ou bien nos têtes de turcs habituelles : Johnny Halliday, Bernard Henri-Lévy et Paris Hilton. Les stars, elles ne sont pas là en fait pour faire rêver mais aussi pour être humiliées; ça nous met en joie quand elles sont traînées dans la boue, on prend un plaisir fou à les haïr par media interposés. 




Avec nos proches, on n’est pas beaucoup mieux. Notre patron, on rêve qu’il se casse la gueule, que sa boîte coule et qu’il fasse de la prison pour escroquerie. Tant pis si nous-mêmes on perd notre boulot. Nos copains, nos copines, il ne faut pas qu’ils la ramènent trop. On aime bien les voir se prendre une gamelle, économique ou sentimentale, qu’ils soient dans la dèche absolue.




Il faut le reconnaître : le fonctionnement social repose sur des rapports d’humiliation dont on est tour à tour victimes et …acteurs. C’est bien noir évidemment et ça n’incline pas à croire, comme J.-J. Rousseau dont on parle beaucoup en ce moment, en la naturelle bonté humaine.




Est-ce qu’on peut aller jusqu’à dire cependant qu’on n’est tous qu’une grande bande de sadiques et de masochistes qui s’auto-entretiennent les uns les autres dans un jeu infiniment réversible ? Est-ce que tout ça est complètement gratuit et mauvais ?






C’est troublant parce qu’il faut aussi constater que je suis souvent plus humilié(e) que l’humilié (e) par l’intermédiaire de mon regard sur lui. 


Et d’ailleurs l’humiliation a aussi une fonction rédemptrice. Chaque femme le sait, parce que cela est assez fréquent : après avoir été humiliée on se sent étrangement calme, apaisée. S’exposer à l’humiliation, c’est aussi s’en libérer.




Le jeu terrible de l’humiliation aurait donc aussi une vertu pédagogique.


En fait, on ne peut pas imaginer une société sans humiliation parce que celle-ci fait partie du processus de civilisation. Elle est presque un rite de passage pour que nous en revenions à plus de modestie et nous débarrassions de notre  « hubris », de notre orgueil.






Ce post se veut un hommage au livre formidable de Wayne Koestenbaum, professeur de littérature à New-York : « Humiliation ».


Ce n’est pas une critique, ce sont simplement les prolongements que j’ai trouvés.


Tableaux de Felix Labisse, Max Ernst, T. Groslier et Pierre Klossowski